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Grand âge et autonomie

Dominique Libault - Mars 2019

Dominique Libault - Mars 2019

Malgré les progrès, la recherche demeure insuffisante face aux enjeux sociétaux

La multiplicité et la diversité des travaux engagés depuis 15 ans témoignent à la fois d’une montée en puissance de la recherche dans le champ de la perte d’autonomie sur le plan qualitatif et quantitatif et de son insuffisance face aux enjeux sociétaux actuels. Cette recherche, utile et attendue par les acteurs publics, les professionnels, les personnes âgées concernées et leurs proches a fait l’objet de diagnostics convergents par l’INSERM, le rapport Ménard, le rapport Ankri, la Fondation Plan Alzheimer, la CNSA, la DREES, la fondation Médéric Alzheimer etc.

Il convient de distinguer: la recherche en sciences humaines et sociales (SHS) sur la perte d’autonomie pour en étudier les enjeux sociaux, sociétaux et humains ; la recherche interventionnelle pour valider les pratiques du secteur médico-social; la recherche technologique pour faire émerger de nouveaux moyens de compensation de la perte d’autonomie.

Les acteurs de cette recherche sont nombreux mais ce n’est pas une tâche simple que de structurer leur champ alors que les bases de données sont insuffisamment développées.

Le bilan est différencié selon le champ concerné.

Dans le champ des sciences humaines et sociales, on note un apport de moyens financiers significatifs durablement installés et clairement identifiés comme ceux de la CNSA, de la DREES, de plusieurs fondations, de l’ANR et des appels d’offres européens sur les nouvelles technologies etc. Des appels à projets dédiés et connus des chercheurs existent désormais notamment dans le cadre de l’Institut de recherche en santé publique. Les équipes sont plus nombreuses et moins isolées et la communauté de recherche est en voie de structuration. La qualité scientifique des projets progresse et on voit se développer un panel d’experts. Toutefois le nombre des projets de recherche concernant les personnes âgées a baissé et l’élan du plan Alzheimer est retombé.

Pour ce qui est de la recherche interventionnelle médico-sociale, la structuration du champ n’est pas faite. Dans la période récente, les chercheurs ont dû construire des cadres de recherche qui n’existaient pas : faute de culture scientifique des intervenants impliqués (personnel des établissements sociaux et médico-sociaux notamment), faute d’outils et de méthodes adaptés, faute de personnel et d’institutions pour cette forme de recherche (du type attaché de recherche clinique), faute de cadres de financement dédiés. Ceci est problématique car la validation scientifique des pratiques d’accompagnement fait défaut.

Le bilan est plus complexe à établir dans le champ des technologies de la compensation. En effet, c’est une recherche à large spectre, qui va de la recherche fondamentale à la R&D pour le développement de produits nouveaux, notamment dans le cadre de projets conjoints industriels / laboratoires de recherche, avec des enjeux commerciaux à la clé. Il y a beaucoup de similarités entre des travaux concurrents et une absence de coordination. Beaucoup de travaux traitent de technologies pour aider la personne âgée peu dépendante dans sa vie quotidienne (télésurveillance, aide au déplacement ou à la communication, moyen de stimulation cognitive). Il y a peu de projets portant sur des dispositifs pour les personnes en perte d’autonomie sévère, en particulier atteintes de la maladie d’Alzheimer et souvent ces projets se limitent à la surveillance des constantes biomédicales.

D’un point de vue global, il faut noter que les recherches juridiques ont tardé à se mettre en place mais cette situation évolue rapidement et des travaux sont en cours sur l’accès aux droits. Les travaux économiques manquent et la recherche en sciences de gestion est très limitée; le champ des EHPAD et plus généralement des Health Service Research est très peu investi. Le déficit massif d’évaluation ne permet pas de transposer les dispositifs et programmes de compensation de la perte d’autonomie efficaces au niveau national et donne peu d’outils aux pouvoirs publics. Les bases des données commencent à exister et à être exploitées mais l’investissement sur ce point doit s’intensifier

L'écologie au service de la dépendance

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